Approche Centrée sur la Personne
Thérapie humaniste
L’ACP, pour Approche Centrée sur la Personne, est un courant de psychologie humaniste développé par Carl Rogers (psychologue nord américain des années 40′-80´) dont la méthode met l’accent sur la qualité de la relation thérapeute / client1 et se différencie de la psychanalyse ou des thérapies comportementales et cognitives.
L’Approche Centrée sur la Personne, représente une avancée majeure en psychothérapie car elle ne focalise pas son attention sur les symptômes ou les pathologies. Sans pour autant nier ces phénomènes, l’ACP avant tout, se centre sur la personne dans son ensemble, qu’elle place au cœur du processus de changement. L’ACP est une approche aujourd’hui validée par de nombreuses recherches, notamment en neurosciences .
Pourquoi parler d’« Approche Centrée sur la Personne » ?
À première vue, l’expression peut sembler évidente : une thérapie centrée sur qui d’autre que la personne ?
Pourtant, avant cette approche, la plupart des thérapies se concentraient surtout sur les symptômes de patient·es qui étaient envisagé·es à travers le prisme de leur pathologie. Ces thérapies donnaient aussi une place importante aux interprétations du thérapeute. L’innovation de Carl Rogers a été de dire : Et si on écoutait vraiment la personne, sans la juger folle ou malade, sans se dire qu’il y a un problème chez elle, ni appliquer de théorie psychanalytique ou conceptuelle préétablie ? Si on la regardait comme un sujet en lui faisant confiance pour trouver ses propres solutions plutôt que de la considérer comme un cas à résoudre ?
Ici, « centrée sur la personne » signifie que le ou la thérapeute se préoccupe de la personne en premier lieu, non de l’objet pathologique.
De nombreuses personnes cherchent les services de psychothérapeutes parce qu’elles souffrent de phénomènes qui rendent leur vie difficile voire invivable. Addiction, anxiété, traumatisme, dépression, tous ces maux ne se soignent pas en focalisant sur la pathologie mais sur une personne en détresse, qui n’est pas la détresse incarnée. C’est une différence de regard très importante, car pour s’en sortir, une personne doit bénéficier d’un regard sur sa personne qui ne la réduit pas à être malade ou en détresse. Choisir une thérapie ACP, c’est choisir d’être regardé dans votre globalité et dans l’horizontalité, c’est choisir une thérapeute qui va être avec vous une vraie personne avec une vraie personne et non un médecin envers un malade.
Dans l’approche centrée sur la personne, le thérapeute ne joue pas le rôle d’un expert qui « sait mieux », mais celui d’un accompagnateur attentif, qui vous aide à aller vers ce qui est bon pour vous, par vous-même. Une idée simple, mais révolutionnaire : la personne n’est pas un « cas à résoudre », mais un être unique, qui est pleinement moteur de son changement.
Une vision fondamentalement positive de l’humain
L’ACP se base sur le postulat que tout être humain cherche ce qui est le mieux pour lui, pour elle, et cela, même quand certains comportements peuvent sembler problématiques à première vue. Dans l’ACP, on croit dans le processus naturel par lequel chaque individu tend à réaliser son potentiel et à évoluer vers une version plus authentique et épanouie de lui-même.
Cette dynamique repose sur la confiance en la capacité innée de croissance personnelle, favorisée par un environnement bienveillant et une relation thérapeutique empathique et authentique.
L’usage du terme « approche humaniste » pour définir l’ACP provient d’une distinction vis à vis des autres formes de thérapies que sont la psychanalyse et les TCC.
Soyons clair, en entamant une thérapie ACP vous ne ferez pas une psychanalyse, qui elle explore les ombres de l’inconscient pour comprendre les blocages, vous ne suivrez pas non plus une TCC (Thérapie Comportementale et Cognitive) qui elle travaille à chercher à modifier vos émotions, et s’intéresse peu ou prou au question de sens, de valeurs, ou d’épanouissement personnel.
L’ACP se distingue parce qu’elle repose sur une vision profondément positive de l’humain.
La singularité d’une thérapie humaniste c’est que votre thérapeute a confiance en la nature humaine et croit dans la tendance actualisante, qui est un besoin inné de croissance et d’épanouissement. Votre thérapeute ACP privilégiera toujours la voie de la relation authentique et de votre autonomie.
Pourquoi choisir une thérapie ACP ?
Pour nourrir ce qui va bien chez vous
Dans une thérapie ACP, mettre du sens sur ce qu’on subit, identifier nos blessures, comprendre pourquoi on souffre, travailler sur soi fait partie de l’expérience. Cela est fondamental. Mais passer son temps à regarder ce qui va mal peut devenir un passe-temps délétère. Certains états ont besoin d’être traversés plus ou moins longuement mais votre thérapeute ACP garde la confiance sur le fait que ce sont des étapes, non des comportements inexorables. Votre thérapeute saura saisir le bon moment avec vous, à votre rythme pour vous éviter de vous embourber dans le tourbillon de l’intellectualisation de vos problèmes. L’attachement à la compréhension peut parfois être un mécanisme qui alimente votre propre mal être. C’est ce qui explique d’ailleurs que parfois on a pourtant déjà travaillé énormément sur soi, on a fait de notre mieux pour retirer la souffrance mais on ne se sent pas forcément mieux. On peut ainsi passer sa vie en thérapie, à focaliser sur ses problèmes.
En thérapie ACP, on ne vas pas s’acharner à analyser, décortiquer, raisonner, revenir à l’origine du mal, s’entêter à supprimer la peine, éliminer la souffrance, on va nourrir ce qui va bien, développer ce qui nous fait du bien, reconstruire de l’épanouissement.
Pour l’expérience de soi vers plus de liberté d’être
Aller vers l’épanouissement plutôt que de vouloir retirer la douleur, n’est pas qu’une subtilité sémantique, c’est un changement de point de vue sur ce qu’est fondamentalement la psychothérapie: une expérience qui ancre en soi l’envie d’aller vers plus de liberté d’être.
Choisir une thérapie ACP, c’est choisir de consacrer du temps pour vous. C’est un lieu où vivre une relation authentique de qualité. C’est un lieu où vous pouvez tout dire, où vous ne serez pas jugé, mais où vous trouverez du répondant de qualité. C’est un espace-temps rare où vous bénéficiez d’un service à la personne sur-mesure, à votre personne.
En thérapie ACP, il est question d’expérience de soi, via l’engagement dans la relation thérapeutique avec votre thérapeute. C’est parfois confrontant, parfois vertigineux, toujours au service de votre liberté d’être.
Pour les compétences de votre thérapeute
Au delà d’un diplôme universitaire, une thérapeute ACP a surtout acquis des compétences essentielles à l’accompagnement de personnes en situation de vulnérabilité : elle a elle-même suivi une ou des thérapies, elle est supervisée dans le cadre de sa pratique et elle atteste d’une formation expérientielle, c’est à dire de pratique concrète aux 3 attitudes suivantes:
- L’empathie
- la considération positive inconditionnelle
- la congruence
Les 3 attitudes fondamentales de votre thérapeute:
L’empathie signifie que la thérapeute cherche à comprendre profondément ce que vous ressentez, comme si elle se mettait à votre place, comprenait votre univers subjectif. Elle sait reformuler au besoin. Cela vous permet de vous sentir vraiment écouté·e et compris·e, sans jugement ni interprétation hâtive, sans que vos émotions ou vos expériences ne soient minimisées. C’est une présence attentive qui vous aide à clarifier ce que vous ressentez.
La considération positive inconditionnelle signifie que la thérapeute vous accueille, tel·le que vous êtes, avec vos peurs, vos vulnérabilités, vos contradictions, vos protections, vos symptômes, vos addictions. Pour autant, jamais rien de tout cela n’est considéré par votre thérapeute comme déterminant votre identité. Cette acceptation sans réserve vous aide à développer une meilleure estime de vous-même et à explorer de nouvelles façons d’être.
La congruence. On pourrait la définir simplement comme la cohérence entre ce que l’on ressent et ce que l’on montre. Mais ce terme propre au jargon ACPiste et appliqué au thérapeute est plus complexe: il synthétise en 1 mot la simultanéité de compétences psycho-émotionnelles et relationnelles:
– ressentir, accepter de vivre une large palette d’émotions, se laisser traverser par des sensations,
– avoir conscience de soi-même en temps réel, c’est-à-dire savoir identifier ce que je ressens et d’où cela provient,
– prendre la responsabilité de son émotion et des symptômes physiques qui s’expriment
– communiquer de façon cohérente ce que je ressens,
– mettre de côté temporairement l’émotion par laquelle je suis traversée, ne pas être réactive pour pouvoir rester centrée sur mon client.
– discerner s‘il est utile ou non pour la relation, de faire part à l’autre personne de ce qui me traverse,
La congruence c’est l’authenticité de la thérapeute. Elle garantit une présence honnête, qui peut parfois vous amener à voir des aspects de vous-même que vous évitez habituellement. Par exemple, si la thérapeute perçoit une contradiction entre ce que vous dites et ce que vous ressentez, elle pourra vous le refléter avec tact. Cela peut être déstabilisant. Ce n’est pas pour vous juger, mais pour vous aider à explorer ces zones d’ombre en toute sécurité.
Ces trois attitudes agissent ensemble comme un terreau fertile : l’empathie vous permet de vous sentir compris·e, la congruence vous invite à l’authenticité, et la considération positive vous libère du besoin de vous justifier. C’est dans cet espace relationnel que vous pouvez trouver vos propres forces et avancer vers un mieux-être durable.
Ces attitudes ne sont pas seulement bienveillantes, elles créent surtout un espace où le changement profond devient possible, même si cela implique parfois de se confronter à soi-même.
Etre pleinement engagé·e dans votre propre thérapie
Dans le cadre d’une thérapie, je vous invite à vérifier que vous percevez et ressentez ces 3 attitudes chez votre thérapeute. Souvent cela peut pendre quelques séances. La confiance ne se décrète pas, elle s’installe.
Mais surtout, dans le cadre d’une thérapie ACP, l’engagement bilatéral est la clé du succès. Vous n’êtes pas un patient passif vous êtes acteur, actrice de votre propre « guérison » ou, pour le dire avec des termes empruntés à Carl Rogers, de votre propre actualisation.
En ACP, la thérapeute ne vous apporte par la solution à vos problèmes, elle s’engage auprès de vous, marche à vos côtés, pas en silence, mais en écho à vos mots. Elle est une présence qui éclaire sans vous devancer et prend soin de garantir votre autonomie.
Selon moi, le plus efficace pour comprendre les effets d’une thérapie relationnelle, reste de l’expérimenter concrètement.
- Introduite en France sous l’appellation de méthode non-directive dans les 50´, cette approche avait été dénommée psychothérapie centrée sur le client (« Client-Centered Therapy ») puis approche centrée sur la personne (« Person-centered Approach ») par Carl Rogers. ↩︎